à propos du unschooling

Publié leavril 12, 2011 par

4


En réaction et pour seule et unique réponse au blog de psreuben, que le hasard nous a fait découvrir à son premier article. Nous avions alors trouvé son analyse de la situation très juste notamment sur la description du clivage EN/IEF, et nous étonnions d’arriver à des conclusions si opposées avec une analyse semblable au départ.

Depuis, il apparait qu’il s’agisse d’un blog entièrement à charge contre le unschooling, pour quoi faire?

Avec un argumentaire des plus faible, un manque de rigueur  dans une analyse appuyée sur des clichés, des exemples particulièrement stéréotypés et volontairement outranciers (issus de blogs américains pour certains) cette personne se veut l’accusateur en chef du unschooling sur un ton cynique et avec une aigreur qui peut-être se veut humoristique(?). A aller lire si toutefois on désire fouiller un peu dans les humeurs bilieuses de son auteur.

Sa démonstration tendrait à prouver que le “pas d’école à la maison” est une fabrique d’abruti inculte, que les parents adeptes,  dogmatisés et fanatisés,  de cette méthode le font dans un égarement Rousseauiste qu’il nomme “enfant-roi” ou “enfant bio” faisant ainsi apparaitre un rapide amalgame, appuyé sur l’argument pédopsychiatrique médiatisée de la relation fusionnelle.

Pour ma part, au cours des lectures que j’ai pu faire sur le sujet, il m’a semblé que le unschooling faisait partie d’un réflexion globale  de chacun sur son mode de vie et de ses interactions avec l’univers qui l’entoure. En ce qui nous concerne le témoignage de Léandre Bergeron est une illustration convaincante de cette expérience.

Il y a une logique implacable à ce que les parents qui cherchent honnêtement le mieux pour leurs enfants soient dans la meme mouvance qui va du maternage à la nourriture bio, de la vie à la campagne à l’IEF, le “pas d’école du tout” n’étant qu’une partie de l’IEF.

Il me semble que le désir de voir les apprentissages découler naturellement de la vie quotidienne est réaliste pour peu que cette vie quotidienne soit riche.

Le désir est tout aussi légitime que se soit l’enfant qui décide des temps et des matières, le parent en l’occurrence doit être attentif et à l’écoute permanente pour répondre au mieux aux questions de l’enfant. Nous avons pensé comprendre que de suivre  l’enfant n’était pas un manque dans l’instruction mais simplement que l’enfant, par sa curiosité fabriquait un programme bien plus riche que celui que pourrait imaginer pour lui un adulte. L’adulte répond à la curiosité en permettant la connaissance grâce aux réponses qu’il fait, et cette réponse peut être un cours magistral sur la sujet.

Ceci n’a rien à voir avec un enfant-roi, d’ailleurs cette expression n’a pas, pour moi, cette signification; elle exprime plutôt l’enfant consommateur bien dressé par la pub qui réclame et obtient ce que la télé le pousse à désirer. L’enfant-Roi est une image inventée dans les années 80, lorsque la société envoyant les deux parents travailler, leur ont demandé de compenser leur absence par des produits matériels (comme si une telle chose le pouvait), un cadeau contre du temps que ne recevait pas l’enfant. Pour déculpabiliser les parents, l’enfant victime de ce fonctionnement se voit incriminer de ce qualificatif, l’enfant-roi représentant la caprice demesuré de la surconso. Sauf que si la consommation était devenu la preuve tangible de l’amour des parents, alors quoi de plus normal à la réclamation de l’enfant. Ceci dit, les enfants d’alors sont aujourd’hui des adultes, peut être meme sont ils nombreux chez les décroissants actuels?

L’enfant-bio quant à lui serait une sorte de “bon sauvage” capable seul de gérer sa vie ce qu’il mange ce qu’il fait ou ne fait pas. Plutôt que de tirer des conclusion hâtives sur le devenir de tels enfants, il serait intéressant d’avoir les témoignages de ceux qui ont vécu comme ça dans les années 70, il y en a eu à l’époque certainement plus qu’aujourd’hui.

La recherche de l’autonomie de l’enfant face aux apprentissages a été développé par nombres de pédagogues et non des moindres et pas un n’a évoqué dans cette recherche une quelconque perte dans la vie de tout les jours des individus concernés, tout au plus une légère inadaptation à la hiérarchie et au “monde du travail” tel qu’il se présente. On ne connait par contre aucun pédagogue ayant défini que la rigueur et la souffrance dans l’apprentissage et l’instruction permettait l’efficacité de celle ci. Même dans le début des années 60 George Cuisenaire explique comment l’aspect ludique de l’apprentissage des maths à l’aide des réglettes avait permis non seulement aux enfants d’apprendre mieux mais avait en plus déculpabiliser une génération d’instituteurs face à des apprentissages qui se heurtaient à l’échec.

George Cuisenaire et ses mains étonnantes…

Quand au procès fait au jeu, comme si il était honteux de s’adonner à une telle activité avec ses enfants nous laisse finalement bien perplexe… Comment nier le lien social et les interactions cognitives que permettent le jeu?

De meme dire qu’il n’y a pas d’instruction  si il n’y a pas de traces écrites, est aussi le reflet d’une grande méconnaissance de l’histoire de la pédagogie. l’écrit a a permit à un nombre donné d’évoluer ensemble, ce qui est concevable pour une classe. En IEF il n’y a pas cette nécessite, puisque l’enfant est attentif et que la mémoire n’a pas besoin de l’écrit pour être fixée. l’écrit pallie en classe à tout ce que l’enfant ne peut enregistrer en une leçon, une journée, un mois, une année…

Enfin, je ne sais pas qui est PSREUBEN  et quel est son problème face à ce choix qui n’est pas, en soit,  illégal bien que la loi et les contrôles qu’elle impose, n’en facilite pas l’application. Alors qu’il prétend que son éducation protestante lui a appris la rigueur (le rigorisme lutherien?),  la mienne m’a appris la tolérance,  la résistance  aux idées toutes faites et aux dogmes de tout acabit et la capacité à réfléchir sans apriori .

Les familles en IEF sont déjà suffisamment stigmatisés par l’ensemble de la société pour ne pas en plus  tirer les uns sur les autres sous prétextes de conceptions idéologiques ou pédagogiques différentes.

Chacune des familles et chacun de leurs choix sont respectables, et nous sommes au moins convaincus d’une chose, c’est que les enfants en unschooling, les “enfants-bios”, traités de sauvageons, apprennent au moins le sens du mot LIBERTE et RESPECT.

Edit du 13 Avril : Le blog cité ayant l’air d’être très à charge par rapport à l’action de la famille Hors des Murs, je voudrais simplement insister sur le fait, que nous ne connaissons pas personnellement cette famille, mais que leur action mérite d’être soutenue parce qu’ils se trouvent dans une réclamation légitime et légale, (que ce soit l’instruction qui soit contrôlée et non pas les enfants) et qu’en aucun cas une circulaire interne ne peut faire office de loi, et que toute la communauté a à gagner à ce que ce la soit reconnu, quelque soit les choix pédagogiques de cette famille.

Et je voudrai bien savoir à test donné à un enfant non sco et à un classe de meme niveau attendu, quels seraient le nombre d’enfant scolarisés qui réussiraient ou pas le test. Puisque chacun sait que les enfants scolarisés sont contrôles au fur et à mesure des apprentissages durant l’année tandis que les non sco sont sensés restituer une année de savoir!