rions un peu avec une tranche de vie scolaire

Publié leavril 27, 2011 par

0


Au début des 70′s j’entrais au cm2.

Le jour de la rentrée, dans la cour de récré, se chuchotait l’horrible réalité: cette année on a B……. !!!

Pas de veine, mon frère ainé l’avait eu 2 ans auparavant et j’avais en stock une tonne d’anecdotes à son sujet, du lourd, du très lourd.

De retour à la maison, porteur de la nouvelle, on m’a plaint mais l’éthique paternelle lui interdisait d’user de son influence pour me faire changer de classe donc d’instit. Faut dire que mes parents connaissait un peu le bonhomme ayant des responsabilités dans les conseils de parents d’élèves.

Mais bon, sa réputation était surement exagérée!

Retour à l’école donc pour y affronter la Bête (celle de la Belle et la Bête, mais pas la Disney, l’autre…)

Cet homme affable et cultivé, bien noté de sa hiérarchie, tombait de façon régulière dans des crises de démence . Quand on le voyait commencer à arpenter à grandes enjambées autour des tables en se frottant vigoureusement les mains, gare au cartable en travers de son chemin.

La classe se transformait alors en tortue, la tête rentrée dans les épaules, nous n’avions pas de boucliers comme les armées de César mais le cœur y était.

L’explosion était imminente, la règle carrée se brisait entre ses doigts en quatre ou six morceaux, aux hurlements précédaient ses adages favoris: “ne nous pressons pas nous sommes pressés” ou “un mauvais ouvrier a toujours un mauvais outil”, grommelés en boucle.

Il nous est arrivé de le voir se mordre les poignets jusqu’au sang jusqu’à ce qu’il réclame qu’on aille chercher quelqu’un, le dirlo ou son collègue d’à coté l’emmenait faire un tour et la classe entière se prenait une punition pour l’avoir poussé à bout!

Non content de nous mettre, la plupart du temps dans un hébétude terrorisée, il lui arrivait aussi d’avoir recours à quelque sévisse de son invention: le contrevenant se voyait saisi par les deux joues entre le pouce et l’index, puis secoué d’avant en arrière et quelquefois meme soulevé de terre!

Cette habitude avait cessée le jour où un élève du partir à l’infirmerie la sang lui coulant de la commissure des lèvres. Sans doute les parents ont un peu râlé…

A part cela s’était, parait-il un excellent instituteur.

Pour preuve: j’avais de gros problèmes en écriture et en ortaugraffe (ça va mieux merci!) et je n’ai jamais été capable d’apprendre les tables de multiplication (à par 2 et 5 mais y parait que c’est normal) ce fin pédagogue avait donc diagnostiqué  paresse et “je-m’en-foutisme”  meme après que ma mère lui ai affirmé y avoir passé des heures, mais ce qui m’a suivi toute ma scolarité.

Évidement quelques années plus tard on en riait, j’ai oublié et j’ai mis mes enfants à l’école comme tout le monde, mais maintenant que j’y pense…

Qui, à l’école,  au rectorat, au ministère, dans toutes les instances de l’Éducation Nationale, qui donc a prit la responsabilité délirante de laisser ce malade  puisque c’est bien de maladie dont on parle là, meme si je ne suis pas psy ni neurologue, en poste avec des enfants?

Combien de cas comme celui là ou pire, combien d’enfants traumatisés dans une carrière de 40 ans? et multiplié par le nombre d’enseignants dangereux?(laissons de coté les incompétents pour ce coup là)

Il n’y a pas que des affaires de pédophilie que la deuxième “Grande Muette” planque il y a toutes les affaires de pédophobie!

Mais vous savez, en cas de conflit grave avec un instit il ne sert à rien d’écrire à l’inspection, ni meme d’en référer au ministère: ils couvrent, on peut toujours porter plainte à la gendarmerie ou au commissariat (bon courage!), ce ne sera pas pris comme plainte mais comme main courante. Le mieux est de faire appel au ” Défenseur des Enfants”.

Ah zut, le poste vient d’être supprimé! Bip…bip…bip…

Publié dans : education nationale