Comment la suppression du poste de “défenseur des enfants”, qui va être remplacé par un (obscur) adjoint au “défenseur des droits” doit-elle être interprétée ?
Ça peut paraitre anecdotique, mais nous craignons bien que cela s’inscrive dans un mouvement général de recul des libertés.
En effet ce défenseur des enfants avait en charge tous les problèmes et litiges avec les administrations (éducation , justice, … ) et se trouvait donc en première ligne dès que les droits de l’enfant étaient bafoués.
Elle était nommée (puisque c’était une femme depuis 2006) par décret et le nouveau défenseur des droits sera nommé par le président de la république et son adjoint pour les droits des enfants n’aura aucune des prérogatives spécifiques prévues par la loi (comme par exemple de se substituer à l’enfant mineur devant la justice, meme déposer une plainte!).
Pour nous qui sommes particulièrement attentif à ce sujet, c’est encore une tentative de négation de la voix de l’enfant, de son avis et de sa capacité à choisir pour lui meme et à faire valoir ses droits fondamentaux .
Ce libre arbitre étant déjà refusé aux adultes, ce serait quand meme un comble que l’enfant l’obtienne.
L’Enfance semble générer les mêmes angoisses à l’Establishment que la Liberté, ce n’est pas par hasard qu’elles se voient l’une et l’autre infliger le meme bâillon.
Sous prétexte que la parole de l’enfant n’est pas parole d’évangile (syndrome Outreau) certains malins ont préféré expliquer qu’il était plus sage de l’ignorer complètement.
Les élites qui nous gouvernent seraient elles si inquiètes des vérités assourdissantes que la voix fluette des bambins pourrait exprimer? Et si ils décidaient d’éteindre la télé et de réclamer leurs droits, ne serait-ce que le droit à la parole, et puis le droit d’avoir une planète acceptable à habiter, et celui de se nourrir de produits sains , pas gavés de chimie expérimentale par les savants fous de l’industrie alimentaire, et puis surtout le droit de réfléchir autrement que dans la pensée “fast-food” où on cherche à les cantonner.
Plus (dramatiquement) sérieusement, et d’une façon générale, la politique que nous subissons en ce moment, qu’on pourrait qualifier de “politique à flux tendu” , fait fis de la moindre réflexion, de la moindre analyse à long terme. Les édiles, le trouillometre à zéro, les yeux rivés aux sondage des prochaines échéances, n’ont rien à proposer, pas de programme, pas de vision, pas d’utopie pour nous faire avancer.
Nous étions jusqu’ici dans un panurgisme poltron, mais nous voici dans une réelle et terrifiante régression.
Nos libertés fondent comme glace au soleil et bien peu de voix s’élèvent pour le dénoncer.
En vrac entre le FN qui prône le retour à la peine de mort et l’interdiction de l’avortement, notre président qui imagine la suppression des accords de Schengen, la loi lospi 2, le PS qui propose l’obligation scolaire à 3 ans, la suppression de ceci, la réduction de cela, réorientation des budgets, cache misère de l’indigence de la pensée et bientôt l’éradication de la pauvreté par l’élimination des pauvres.
Alors, en effet, le défenseur des enfants, bof, mais c’est symptomatique du total dysfonctionnement de notre société.


Publié leavril 28, 2011 parelefdesbaies
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