Recroquevillent leur amplitude * …
Les oiseaux en cage…
C’est un peu ce que nous sommes, non? Des oiseaux en cage qui aimeraient bien voler. Mais à leurs pattes, on peut nommer toutes les chaines qui les retiennent: l’argent, les frontières, le temps…
L’argent, qui fait battre le coeur de tant d’entre nous: on travaille toute notre vie pour amasser de l’argent ou dans l’optique d’en avoir beaucoup un jour. On perd donc le temps pour autre chose, vu que l’on travaille pour avoir de l’argent. On travaille toute notre vie dans l’idée de profiter de 10, 20 ans de tranquillité avant la fin du voyage.
Une vie de robot, disais je un jour. Metro, boulot, dodo, impot, emprunt, achat, chomage, boulot, metro, dodo, nounou, école, étude, boulot, impot…
Nous sommes des robots programmés, conformés à ce que l’on attend de nous.
Mais si on déprime, si on se réveille en sursaut un matin avec cette trouille , ce noeud à la gorge qui nous fait dire que c’est pas une vie humaine , que c’est pas une vraie vie, alors que l’on en a qu’une, on court chez un “psychiatrologuanalyste” qui nous dit que c’est une dépression, qu’il y a des cachets pour faire taire cette « dépression-désillusion-réalisme ».
Et on retourne dans notre coucouche-panier avec nos cachets achetés et on retourne dans nos vies de robot.
Et les oiseaux qui recroquevillent leur amplitude perdent l’idée que” leur amplitude est recroquevillée” et se résignent et finissent par penser que c’est ca, la vie: métro, boulot, dodo, impot , emprunt, achat etc….
Et il y en a d’autres qui ne se résignent jamais. Qui refusent de croire leur grand « marabout-psychothérapologue » et qui leur envoient les cachets dans le croupion en disant que « non, c’est pas une dépression, c’est une ouverture des yeux ».
Ces gens là sont ils adaptés? Non.
Ces gens là sont inadaptés et parmis eux, certains veulent l’être, d’autres cherchent à l’être, d’autres se débattent avec tout ca.
On retrouve alors des groupes « à panoplie » dans lesquels ces « gens là » cherchent à correspondre à l’image du groupe, parce que l’homme est grégaire.
D’autres y arrivent et puis finalement, ouvrent les yeux, ou bien s’aperçoivent que le panier de crabes à juste changer de couleur.
D’autres y arrivent tout court, et cherche becs et ongles à rester, protéger, sauvegarder leur groupe d’oiseaux non résignés à la majorité, mais résignés à la minorité.
Et ceux qui n’y arrivent pas? On les brule sur un bucher. Sur le bucher du « social », on les lapide à coup de pierre de la minorité devenue « majorité » du groupe.
Et là, ces oiseaux là, ils ne recroquevillent pas leur amplitude et se prennent les ailes dans les barreaux de la cage. Ils reçoivent les coups de batons , pour rentrer leur ailes encombrantes, mais même si ils ont mal, même si ils en souffrent, ils n’y arrivent pas, à rentrer leurs ailes.
L’albatros. http://www.feelingsurfer.net/garp/poesie/Baudelaire.Albatros.html
La liberté, disais je?
Oserai je parler de Chomsky sans passer pour une folle furieuse adepte des théories du complot?
Chomsky disait pourtant bien les choses: nous avons une liberté comparable à celle du chien tenu en laisse: la longueur de la laisse lui octroie une « certaine liberté » .
Mais alors, quid des chiens devenus loups, qui rêvent de grands espaces pour s’ébattrent sans être tenu au cou par ces chaines là?
Quid de nos vies?
Je ne parle pas de savoir si vous préférez le foot au rugby, ou travailler de nuit plutot que de jour, ou … Mais bel et bien de « la Vie », celle qu’on ne possède qu’une fois, qui s’écoule très vite, que l’on ne rattrappe jamais, qui ne pardonne pas les erreurs et les choix, et qui file en fonction de vos décisions passés vers un avenir qui devient vite une histoire d’antan.
Alors, quid?
Ici, même si je préfère à présent taire « ma vie » privée, je dois dire que je suis passée par plusieurs « stades » avant d’en arriver à aujourd’hui et le constat présent.
Je suis passée par le stade ado rebelle qui préfère être hors du mouvement majoritaire, puis dans un mouvement un peu moins majoritaire auquel j’ai voulu me conformer, puis je suis passée a une partie majoritaire à laquelle je n’ai pas réussi a m’adaptée, pour me tourner vers ces groupes « minoritaires » qui font la majoritée et qui au final , vous mettent dans un autre carcan.(Vous me suivez? )
Enfin, j’ai attérie dans un groupe encore plus minoritaire auquel je n’appartiens pas vu que finalement, il y avait quelques personnes avec qui je ne m’entendais absolument pas , qui ont choisi la malhonnêteté pour me claquer la porte. (et encore, malhonnêteté, je suis polie).
Et finalement….
Finalement, j’étais à bout avec ce dernier épisode. Une envie de violence réelle (si la personne eut été devant moi, je crois que mon poing serré serait parti seul) en moi.
Une envie de détruire toute l’existence de cette personne symboliquement (je ne suis pas une psychopathe non plus) au moins à mes yeux.
Et puis…
Et puis je me suis dis que cette personne était d’un ennui affligeant. D’une tristesse inouie que de chercher une facade.
Et puis j’ai eu ce sentiment de liberté. Même si j’ai toujours une haine démesurée (à mon avis) pour les personnes de ce genre, je dois reconnaître qu’au moins, je me sens libre.
Libre d’être, de paraître, de faire, de devenir.
Libre de mes choix, de mes envies, de mes désirs.
Mais qu’est ce que ca veut dire au juste, vue le constat affligeant que j’ai dressé au début de ce récit?
Que l’émancipation de soi même , même si l’on est seul, nous rend libre.
La liberté ne peut être qu’une fois que l’on a tout perdu.
Et la liberté sociale vient une fois que l’on a perdu tout lien social. Et même si j’ai des amis, vrais, proches, le reste n’est plus rien à mes yeux.
Socialement, je me sens libre.
Moi même, je me sens libre.
Je ressens mes envies, désirs, projets, librement.
Que reste t il alors à libérer?
Ma famille.
J’ai eu, hier soir, au lit, une vision d’un oiseau qui étend ses ailes pour s’envoler, seulement, je sais qu’il reste encore quelques chaines à nos pattes pour le faire…
Mais ces chaines deviennent de véritablement chaines de torture pour moi. Des chaines qui étranglent, qui alourdissent, qui étouffent littéralement.
J’ai perdu une prison, douloureusement, mais une prison.
J’ai gagné une liberté que je n’ai pas encore dompté.
Libre d’être une femme sauvage, solitaire, qui danse, qui saute au dessus du feu, qui est la « folle du village », la sorcière. Libre d’accompagner mes enfants sans béquilles scolaires, puéricultrices et autres. Libre d’être une sorcière de la forêt. Une sorcière de l’air, une sorcière sans frontières.
Libre d’être une grosse vache comme une nymphe, libre d’être belle ou moche selon qui me regarde.
Libre d’être bordélique ou maniaque quand bon me semble.
Libre d’être sauvage, d’être moi…
Libre de montrer les crocs férocements, libre d’être méchante ou cruelle, libre d’être douce comme un agneau , fidèle comme un familier.
Libre de me défendre, libre et être juste.
Et paradoxalement, ce sentiment de liberté, je l’ai, je le sens, je le vois, je le ressens bouillir, gronder en moi, mais je sens encore ces chaines. Alors j’attends, je suis dans l’attente.
L’attente de l’autre. De celui qui m’accompagne.
Et vous, ou en êtes vous?
Moi, j’en suis là .
ps : * = première phrase de la chanson “Exil” de La Rue Ketanou (à écouter là : http://www.youtube.com/watch?v=D8nuwbFtVW0)
Les oiseaux qui voyagent en cage
Recroquevillent leur amplitude
Ils traînent derrière eux leur paquetage
Par moins cent mille mètres d’altitude
L’horizon est un inconnu
A qui ils demanderont asile
Ils espèrent être les bienvenus
Dans le costume de leur exil
(Refrain)
Et ils portent au fond de leur coeur
Une poignée de sable du désert
Ils sentent souvent son odeur
En souvenir d’un bord de terre
Les oiseaux qui voyagent en cage
Chantent dans leur tête des légendes
Avec de grands chevaux sauvages
Qui repeuplent les no man’s land
Ils chantent dans leur tête jusqu’au jour
Où ils pourront à haute voix
Annoncer le compte à rebours
De l’explosion de leur joie
Les oiseaux qui voyagent en cage
Soulèveront un jour la terre
Pour qu’elle dépasse les nuages
De brume, de feu et de poussière
Et qu’il ne reste que le soleil
Et sa caresse sur leur peau


Reg
mai 27, 2011
Rhooo , ça y est j’ai pigé , c’est toi qui a écrit ce magnifique texte qui résume si bien mon sentiment actuel
)) Et oui ma belle j’en suis au même endroit que toi sauf que je n’ai pas révé d’un oiseau mais plutôt d’envoyer chier ” ceux ” qui me coupent ( coupaient ? ) les ailes .
))
))
On se sent Albatros ici en ce moment , mais ça bouge et ça fait du bien
femme sauvage ma belle tu vas y arriver , l’horizon de liberté te tends ses ailes….courage tes dernières chaines comme les miennes vont se brise bientôt
I hope so dearest friend